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Témoignage de Bernard Bienvenu devant la Cef

Devant le Conseil élargi pour la communication de la Conférence des évêques de France, le 16 janvier 2013, le Président de la Fédération s'est livré à quelques réflexions sur les rapports entre la presse catholique et la Cef et sur l'avenir de la presse écrite.

 A quelques semaines de la fin de mon mandat de Président de la Fédération, je vous exprime quelques modestes réflexions personnelles qui n’engagent que moi :


1 – sur le conseil élargi pour la communication
En préparant cette petite intervention, je me suis rendu compte que je ne savais pas précisément pourquoi ce conseil élargi avait été créé ni à quel objectif il tente de répondre aujourd’hui !
Il y a six ans, lors des premières réunions, j’ai eu l’impression que nous ne faisions qu’échanger des infos sur nos maisons et professions. « Échanges » n’est pas le mot qui convient. Plutôt « expressions additionnées », juxtaposées, dans une écoute et un silence polis. Propos intéressants certes mais un peu « courts » ! J’avais le sentiment que le Conseil n’était qu’une réunion formelle, institutionnelle, sachant bien sûr que chacun d’entre nous avait, et a, des relations professionnelles voire personnelles avec bon nombre d’évêques.
J’avais été frappé par le nombre important que nous sommes ici, qui témoigne de la diversité de nos missions et de la richesse de celles-ci !
Peu à peu, nous avons appris à nous connaitre et du coup, avec St Paul, nous pouvons dire : « … à plusieurs nous sommes un seul corps dans le Christ, étant tous membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et nous avons tous des dons qui diffèrent. (Rom XII, 4-5)… »
De l’extérieur, certains peuvent avoir le fantasme de réunions du Conseil élargi qui seraient comme des réunions de chargés de communication des différents cabinets ministériels d’un même gouvernement où il s’agit d’accorder les discours pour tenter une communication univoque.
Nous savons tous ici qu’il n’en est rien !


Les évêques entendent nos problématiques. Nous entendons les leurs…
Il me semble que le Conseil, et notamment les évêques et le Porte-parole, attendent clairement que nous leur donnions notre avis sur tel ou tel sujet.
Et Dieu sait que nous avons connu des crises depuis six ans : le discours de Ratisbonne, le commentaire sur le préservatif en Afrique, la levée de l’excommunication des évêques intégristes, l’affaire Wiiliamson et bien sûr la question qui nous préoccupe maintenant : le mariage et l’adoption pour tous.
Sur tous ces dossiers chauds, il me semble que nous avons été entendus sur la façon dont nous percevions, en tant que professionnels, les enjeux de communication… Nous avons eu, et nous aurons tout à l’heure, d’intéressants échanges sur la façon de vivre puis de suivre les événements.


Bien sûr, et c’est là leur limite, les réunions du Conseil ne collent pas nécessairement aux événements et du coup, on peut passer à côté. Sans compter que la CEF, qu’il s’agisse de son Président et de chacun des évêques, n’attendent pas nécessairement notre avis. Mais qui sait si le Porte-parole n’a pas quelque influence après nous avoir écoutés !?

2 – sur la presse écrite et la Fédération
C’est peu de dire que la presse vit une révolution dont elle ne sait pas dans quel état elle va sortir, ni même si elle va en sortir ! Vous connaissez tous ça, je n’insiste pas…
On continue de parler de presse écrite, mais nos entreprises ne sont plus seulement des entreprises de presse écrite. La plupart sont déjà des entreprises pluri-média sans qu’aucune n’ait encore trouvé le graal qui lui donnera la solution du modèle économique nouveau.
La Fédération rassemble des publications très différentes, seulement réunies par le souci de la mission.
- Les sensibilités des différentes publications, très marquées il y a encore 10 ans, le sont moins aujourd’hui. Le niveau de confiance entre nous est plus grand, ce qui facilite le dialogue…
- Les entreprises voient fondre leurs moyens. D’où une tendance naturelle et parfois inconsciente au repli sur soi, à moins de disponibilités pour des actions collectives.
- De ce point de vue, la publication en 2012, du livre blanc de la Fédération « les 7 défis de la presse catholique » est un échec. Non pas qu’il ne soit pas de qualité, mais à ma connaissance, très peu de titres se sont saisis de cet outil pour entreprendre une réflexion. Comme si l’urgence de la situation nous empêchait de prendre le temps du recul et de la réflexion, alors que c’est au contraire quand tout va mal qu’il faut essayer de prendre de la hauteur…


Pourtant, dans ce paysage en plein bouleversement, il me semble que cette presse catholique, volontiers frondeuse et gallicane, a opéré un retour !


D’une part, vis-à-vis de la société, elle craint moins qu’autrefois de dire sa différence et d’affirmer ses références. Voyez comment elle participe aux débats de société avec fierté et cohérence !


D’autre part, sa proximité avec l’Eglise se vit sans honte, et en toute clarté. La presse catholique aujourd’hui sait à quelle famille elle appartient !
C’est peut-être une presse plus militante à mesure que la société affronte des enjeux sociaux ou sociétaux. Elle ne craint pas de s’inscrire en faux contre les courants majoritaires.
Parce que l’Eglise elle-même a quelque peu dépassé ses clivages autrefois profonds, elle rassemble plus facilement ses ouailles…


La presse catho ne se vit plus en contre pouvoir. Peut-être aussi parce qu’elle a compris, et j’en termine par là, qu’à l’instar de son saint patron, François de Sales qui lui-même citait St Cyprien : « nul ne peut avoir Dieu pour père qui n’aura cette Eglise pour mère » !

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