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Remise du prix Père Jacques Hamel par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican

Père Jacques Hamel – né le 30 novembre 1930 à Darnétal – ordonné prêtre le 30 juin 1958 à Rouen – assassiné le 26 juillet 2016 en l’église Saint-Etienne de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Exhortation au dialogue par le Cardinal Pietro Parolin

Vendredi 26 janvier 2018

C’est une joie et un honneur pour moi de présider cette première édition du « Prix Père Jacques Hamel », créé par la Fédération des Médias Catholiques (FMC) en accord avec la famille du Père Jacques Hamel et en lien avec l’archidiocèse de Rouen, pour honorer la mémoire de ce témoin de la foi et pour récompenser un travail journalistique de qualité sur le dialogue interreligieux.

Je voudrais féliciter tous les acteurs du secteur de la communication, car, dans la gestion de l’événement tragique de l’assassinat du Père Hamel, ils ont su démontrer ce que le Pape François écrivait dans son message, l’an dernier : « Celui qui, avec foi, se laisse guider par l’Esprit Saint devient capable de discerner en tout événement ce qui se passe entre Dieu et l’humanité, reconnaissant comment Lui-même, dans le scénario dramatique de ce monde, est en train de tisser la trame d'une histoire de salut. »

En effet, la communication est essentielle pour façonner notre perception et notre appréciation de l’événement, et une des missions de l’Eglise en ce monde c’est de « favoriser le bien-être spirituel et matériel de la personne humaine et la promotion du bien commun. » (Cf. Pape François, Discours à l’occasion des vœux au Corps Diplomatique près le Saint-Siège, 8 janvier 2018). Cette mission est essentiellement communication, annonce de l’Évangile et aussi lutte contre tout ce qui avilit l’être humain… Conjuguer l’obéissance à la grâce de Dieu, l'harmonie entre la liberté et la vérité demande parfois des sacrifices hors du commun, ce qui peut aller jusqu'au martyre comme pour le père Jacques Hamel, tué dans son ministère sacerdotal, « in Odium Fidei » dans l’église Saint-Etienne de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Mgr Dominique Lebrun, Archevêque de Rouen quittant les JMJ de Cracovie pour rejoindre son diocèse lançait cet appel à « ne pas baisser les bras devant les violences et à devenir des apôtres de la civilisation de l’amour. » (Cf. Communiqué de presse). Dans les drames qui ponctuent l’actualité, les médias jouent un rôle essentiel pour résister à la haine et à la violence.

En félicitant Samuel Lieven, lauréat du « Prix Père Jacques Hamel », je voudrais ici souligner que le dialogue n’est pas synonyme de compromission ; trois orientations fondamentales peuvent stimuler le travail des journalistes en faveur d’un vivre ensemble harmonieux à savoir, « le devoir de l’identité, le courage de l’altérité et la sincérité des intentions ». Sans oublier l’invitation à la prière pour la conversion des personnes qui pervertissent l’intelligence et le cœur des jeunes, en les invitant à commettre des actes barbares et ignobles.

Une image symbolique du dialogue interreligieux, publiée en Une de l’Osservatore Romano, montre le Pape François marchant à pied avec Ahmed Muhammad al-Tayeb, le Grand imam d’al-Azhar, pour aller déjeuner ensemble à la Maison Sainte Marthe après l’audience du 7 novembre 2017. Devant le cheikh, le Pape François affirmait durant sa visite au Caire en avril 2017 : « l’unique alternative à la civilisation de la rencontre, c’est la barbarie de la confrontation ».

Laissons donc résonner dans nos cœurs et nos esprits les mots de Roselyne, sœur du père Jacques Hamel lors des obsèques : « Dieu d’amour et de miséricorde t’a choisi pour être au service des autres afin de cultiver l’amour, le partage et la tolérance entre les peuples de toutes confessions, croyants ou non croyants, jusqu’à ton dernier souffle. Par le don de ta vie, la force de ta foi inébranlable, ton message est en marche. Apprenons à vivre ensemble, soyons des artisans de paix à notre manière, le monde a tant besoin d’espérance. »

Selon le souhait du père Jacques lui-même : « Puissions-nous, en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel. »

Que le Seigneur fasse de nous des ouvriers de paix
Que le Seigneur fasse de nous des bâtisseurs d'amour.
Amen