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La revue comme lien ecclésial

Texte prononcé par Mgr Podvin, porte parole de la Conférence des Évêques de France, devant l'APMS le 15 mai 2012.

La revue comme lien ecclésial

 

S’il y a lien, on va au cœur de notre métier parce que la foi est relation. Le Christ est relation. Il devient constitutif de la communication d’être relation.
Si la revue est de servir le lien ecclésial, non pour faire fonctionner une institution mais pour être relation c’est-à-dire communication. Nous sommes missionner pour que le relation venue du Christ soit relation aux autres. Pas de foi sans communication. Quel beau service de faire lien avec un peuple (Ac 8) ! J’ai un peuple à aimer pour sa composante d’où la nécessité d’aller aux sources.
Si je suis lien, je dois réapprendre à aimer cette relation : qui sont le(s) milieu(x) que je représente ? Cela implique de recentrer la connaissance profonde de notre public qui évolue : qui sont nos lecteurs ? que cherchent-Ils ? connaissons-nous le milieu ? l’aujourd’hui de ce groupe ? quelle est la nouveauté pour servir ce public ?
C’est l’endroit sensible de la communication : une mission externe et interne qui oblige une connaissance méthodique et large.
Etre membre de l’ l’APMS oblige à avoir une connaissance commune : cibler le lectorat et déployer les ailes de la connaissance des autres. C’est un lien spécifique qui va de pair avec une communication interne à la vie de l’Eglise à l’intérieur de nos communautés. Cela implique de pianoter sur plusieurs niveaux, faire « de la dentelle » pour donner une crédibilité sociétale et une crédibilité ecclésiale (pourquoi est-on évangélisateur ? où sont les choix de l’Eglise ?)
Là où la communication nous appelle, notre présence est nécessaire sinon on fait mourir une évangélisation ( cf Synode d’octobre 2012 sur « la nouvelle évangélisation »). Je compte sur vous pour que vous participiez à cette nouvelle évangélisation pour être au rendez-vous de cette recherche (où est partagé l’Evangile ?).
Quelques insistances à partager avec vous :
- Continuer à chercher la différence (ne pas faire comme tout le monde) dans ce monde-là. L’Evangile ouvre une brèche à l’homme, sans mimétisme.
- Faire du neuf :« être chrétien ne semble pas neuf » donne l’opportunité du défi de la nouveauté du message qui recrée quelque chose. Etre inventif.
- Faire du bien : une proposition pour vivre le moins mal possible. C’est un rendez-vous de l’éthique (sociale, médicale…) qui va devoir déployer la totalité de l’homme sur un ton fraternel. Afin de montrer l’éthique en recherche comme un chemin, pour annoncer un appel plus grand que nous
- Ne pas parler de nous-même mais du Christ et de l’homme ; jamais l’un sans l’autre. Parler de l’homme d’aujourd’hui est un décentrement de notre communication. Ainsi naît une communication nouvelle qui fait du bien avec une écriture nouvelle qui parle à l’homme d’aujourd’hui. Une militance de la communication existe précédée par ces pionniers de la communication, comme Pierre Babin à Lyon.
- Devenons des chercheurs de ce qui peut rejoindre l’homme « captatio » dans l’art oratoire. Comment aller saisir l’autre en suscitant chez lui le désir (à l’oral, l’écrit dans le graphisme) ?
- Ne soyons pas obnubiler par le tirage !
Si la communication est relation, elle est relation en vérité (service et transcendance) dans un monde qui nous attend (la proposition de rencontre entre culture et foi de Narthex) et ne attend plus (cf « Petit traité des religions à l’usage des mécréants » d’Alain de Botton, Ed Flammarion, mars 2012).
Le lien ecclésial, cette »conversation avec le monde » selon Paul VI, nous invite à être des hommes de relations en étant soi-même un lien ecclésial avec le monde des médias là où nous vivons. Sachons garder cette liberté. Il y a des choix à faire pour nos titres.


Propos recueillis par Françoise Vintrou